Corps & Âmes

Rentrée scolaire : et si nous restions attentifs ?

Rentrée scolaire : et si nous restions attentifs ?

Les cartables reprennent le chemin de l’école, les enfants retrouvent leurs camarades et les familles reprennent leur rythme.

Mais la rentrée est aussi un moment pour se rappeler une réalité moins visible : pour certains enfants, l’école est l’un des rares espaces où un adulte extérieur au cercle familial peut observer, écouter et repérer une situation préoccupante.

Et les chiffres rappellent que cette vigilance reste indispensable.

Des violences qui ne se voient pas toujours

En 2024, 49 363 enfants et jeunes majeurs en danger ou en risque de l’être ont été évoqués dans les sollicitations traitées par le 119, soit une hausse de 13 % en un an.

Parmi les situations signalées, les violences psychologiques étaient citées dans 44 % des sollicitations, devant les négligences (37 %) et les violences physiques (34 %).

Ces chiffres ne représentent évidemment pas l’ensemble des violences subies par les enfants : ils concernent uniquement les situations portées à la connaissance du 119.

Ils nous rappellent néanmoins une chose essentielle : les violences faites aux enfants ne laissent pas toujours de traces visibles.

Elles peuvent être physiques, sexuelles ou psychologiques, mais aussi prendre la forme de négligences ou d’exposition aux violences conjugales.

Et parfois, elles restent silencieuses.

Un enfant ne dira pas forcément qu’il est victime

Un enfant peut avoir peur, honte, se sentir coupable, normaliser la situation ou simplement ne pas savoir comment parler de ce qu’il vit.

La souffrance peut alors s’exprimer autrement : changement de comportement, repli, anxiété, agressivité, difficultés scolaires, troubles du sommeil ou de l’alimentation, isolement, perte de confiance…

Aucun de ces signes, pris isolément, ne permet de conclure à une situation de violence.

Mais un changement qui questionne mérite que l’on reste attentif.

C’est là que le rôle des adultes qui entourent les enfants devient essentiel.

Écouter, sans enquêter

Lorsqu’un enfant se confie, l’adulte peut être déstabilisé. Que dire ? Que demander ? Faut-il chercher à obtenir davantage de détails ?

Le premier réflexe doit être simple : écouter, croire, rassurer.

Il ne s’agit pas de mener soi-même une enquête, ni de multiplier les questions. La parole de l’enfant doit pouvoir être recueillie avec sérieux, puis transmise aux professionnels compétents afin que la situation puisse être évaluée et que les mesures de protection nécessaires soient mises en œuvre.

Parce qu’un enfant ne devrait jamais avoir à porter seul le poids de ce qu’il subit, ce qui arrive encore beaucoup trop souvent.

Protéger, c’est aussi savoir agir

La prévention et la protection de l’enfance ne reposent pas uniquement sur les institutions spécialisées.

Elles nécessitent que les adultes qui entourent les enfants soient informés, sensibilisés et formés pour savoir repérer une situation préoccupante et réagir de manière adaptée.

C’est aussi le sens de l’action de Corps & Âmes : accompagner les victimes, mais également sensibiliser et former les professionnels et les personnes qui les entourent pour mieux comprendre les mécanismes des violences et savoir comment agir.

Car on ne peut pas demander aux adultes de repérer ce qu’ils ne savent pas identifier, ni de savoir comment réagir sans leur donner les bons outils.

Cette rentrée, restons attentifs

Nous souhaitons à chaque enfant de pouvoir vivre cette nouvelle année scolaire dans un environnement où il se sent écouté, respecté et en sécurité.

Et gardons en tête une chose essentielle :

Un enfant n’a pas besoin de savoir comment demander de l’aide pour avoir le droit d’être protégé.

Parfois, tout commence par un adulte qui remarque quelque chose.

Un adulte qui écoute.

Un adulte qui ose demander conseil.

Un adulte qui ne détourne pas le regard.

Vous êtes inquiet·ète pour un enfant ?

Le 119 – Allô Enfance en Danger est le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être.

En cas de danger grave ou imminent, contactez les services d’urgence.

Cette rentrée, faisons de la vigilance une forme de protection.