Corps & Âmes

Les vacances commencent. Les violences, elles, ne s’arrêtent pas.

Les vacances commencent.

Les violences, elles, ne s'arrêtent pas.

Vendredi dernier, les cartables se sont fermés. 

Pour beaucoup d’enfants, les vacances sont synonymes de liberté, de découvertes, de moments en famille et de repos.

Mais cette réalité n’est malheureusement pas celle de tous.

Pour certains enfants victimes de violences intrafamiliales, les vacances marquent le début d’une période particulièrement difficile. Davantage de temps passé dans un environnement violent, moins de contacts avec l’extérieur, moins d’occasions de se confier ou d’être entendus : les violences ne disparaissent pas avec l’arrivée de l’été.

Les femmes victimes de violences conjugales peuvent également vivre cette période avec appréhension. Les congés, souvent perçus comme un moment de détente, peuvent au contraire renforcer l’isolement, le contrôle exercé par le conjoint violent et la difficulté à demander de l’aide.

Les chiffres rappellent l’ampleur de ces violences.

Chaque année en France, près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, dont près de 8 victimes sur 10 le sont dans leur environnement familial, selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE).

En 2022, le 119 – Allô Enfance en Danger a traité plus de 40 000 situations d’enfants en danger ou en risque de danger.

Les violences intrafamiliales concernent également des centaines de milliers de femmes chaque année. Derrière ces statistiques se cachent des vies bouleversées, des enfants qui grandissent dans la peur et des familles enfermées dans le silence.

L’été ne suspend pas les violences.

Au contraire, cette période peut rendre certaines situations encore plus invisibles. Les habitudes changent, les contacts avec l’extérieur diminuent, les proches sont parfois éloignés et les occasions de repérer une situation préoccupante deviennent plus rares.

À Corps & Âmes, nous refusons que les violences deviennent invisibles sous prétexte que c’est l’été. Chaque enfant a droit à une enfance en sécurité. Chaque femme a droit à une vie sans violence. Et notre vigilance collective, elle non plus, ne doit jamais prendre de vacances.

Un enfant qui change brutalement de comportement, une voisine qui ne donne plus de nouvelles, des cris répétés, une inquiétude persistante… Aucun signal ne doit être ignoré.

Protéger n’est pas accuser. Alerter n’est pas condamner. 

Signaler une situation préoccupante, demander conseil ou alerter les services compétents permet qu’une évaluation soit réalisée. Dans certaines situations, ce simple geste peut faire toute la différence.

Parce que les vacances devraient être un temps de sécurité, de repos et de reconstruction pour chacun, n’oublions pas celles et ceux pour qui elles peuvent représenter une période de danger.